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Enveloppe non ouverte et trousseau de clés sur une table en bois.

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Casier judiciaire en Allemagne : Bundeszentralregister et Führungszeugnis

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Rechtsanwältin Virginia Elisabeth von Burgsdorff
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On est vorbestraft, c'est-à-dire titulaire d'un antécédent judiciaire, dès qu'une condamnation pénale est passée en force de chose jugée et qu'elle est inscrite au Bundeszentralregister (le registre central fédéral tenu à Bonn). C'est ce qu'ordonne le § 4 BZRG, et ce indépendamment du quantum de la peine. La question de savoir si la même condamnation figure aussi au Führungszeugnis (l'extrait du registre délivré sur demande à la personne concernée) en est une autre : selon le § 32 Abs. 2 Nr. 5 BZRG, une peine d'amende ne dépassant pas 90 Tagessätze, de même qu'une peine privative de liberté ou un Strafarrest ne dépassant pas trois mois, ne sont pas reprises dans le Führungszeugnis si aucune autre peine n'est inscrite au registre. Celui qui relève de cette exception peut, selon le § 53 Abs. 1 Nr. 1 BZRG, se déclarer non condamné, bien que l'inscription au registre subsiste.

Cette distinction est le cœur du sujet. Elle est souvent confondue, et la confusion a des conséquences, parce que des personnes décident sur cette base de leurs candidatures, de leurs demandes et de leurs déclarations.

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Le registre et le Führungszeugnis sont deux choses différentes

Le Bundeszentralregister est tenu par l'Office fédéral de la justice ; la même autorité tient à côté de cela un Erziehungsregister (registre éducatif) (§ 1 Abs. 1 BZRG). Ce qui est inscrit au registre central est énuméré au § 3 BZRG. Pour les condamnations pénales, c'est le § 4 BZRG qui s'applique. L'inscription contient, selon le § 5 Abs. 1 BZRG, notamment les données personnelles, la date des faits, la date du passage en force de chose jugée, la qualification juridique des faits, les dispositions pénales appliquées et les peines prononcées.

Le Führungszeugnis n'est en revanche qu'un extrait de ce registre. Toute personne ayant atteint l'âge de 14 ans révolus reçoit un Führungszeugnis sur demande (§ 30 Abs. 1 BZRG). Le § 32 Abs. 1 BZRG dispose que les inscriptions désignées aux §§ 4 bis 16 BZRG y sont reprises. L'alinéa 2 en excepte à nouveau une série de condamnations. Le registre reste donc complet, le Führungszeugnis est filtré.

02

Quand est-on vorbestraft et quand quelqu'un le voit-il ?

La question de savoir quand on est vorbestraft et la question de savoir qui en est informé n'appellent pas la même réponse. On est vorbestraft au sens du registre dès la condamnation passée en force de chose jugée. Mais elle ne devient visible pour un employeur qui exige un Führungszeugnis que si aucune exception du § 32 Abs. 2 BZRG ne joue.

Pour l'exception pratiquement la plus importante, ce qui compte est le nombre de Tagessätze (les unités journalières servant à calculer la peine d'amende), non le montant en argent. Une peine d'amende est prononcée, selon le § 40 Abs. 1 StGB, en Tagessätze ; elle est d'au moins cinq et, si la loi n'en dispose pas autrement, d'au plus 360 Tagessätze entiers. Le montant d'un Tagessatz est fixé, selon le § 40 Abs. 2 StGB, à un euro au moins et à 30 000 euros au plus. Pour le § 32 Abs. 2 Nr. 5 BZRG, seul le nombre compte : pas plus de 90 Tagessätze. Que le Tagessatz soit de 15 euros ou de 300 euros n'y change rien.

Le même numéro comporte une seconde variante, souvent négligée au quotidien : une peine privative de liberté ou un Strafarrest ne dépassant pas trois mois n'est pas non plus reprise dans le Führungszeugnis si aucune autre peine n'est inscrite au registre. Une courte peine privative de liberté n'exclut donc pas d'emblée l'exception.

Deux restrictions sont importantes. Premièrement, l'exception ne joue que si aucune autre peine n'est inscrite au registre. Si une seconde condamnation s'y ajoute, la première peut elle aussi apparaître au Führungszeugnis. Deuxièmement, le § 32 Abs. 1 Satz 2 BZRG dispose que les exceptions de l'alinéa 2 numéros 3 à 9 ne valent pas pour les condamnations pour une infraction visée aux §§ 174 bis 180 oder 182 StGB.

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Puis-je me déclarer non condamné ?

Le § 53 Abs. 1 BZRG le règle expressément. Les personnes condamnées peuvent se déclarer non condamnées et n'ont pas à révéler les faits sous-jacents lorsque la condamnation ne doit pas être reprise dans le Führungszeugnis, ou seulement dans un Führungszeugnis destiné aux autorités, ou lorsqu'elle est à effacer.

Cette règle a une limite. Selon le § 53 Abs. 2 BZRG, les personnes condamnées ne peuvent tirer aucun droit de l'alinéa 1 numéro 1 à l'égard des juridictions et des autorités qui ont droit à un renseignement non limité, si elles en sont informées. Quels services obtiennent un renseignement portant aussi sur des inscriptions qui n'apparaissent pas au Führungszeugnis ressort du § 41 BZRG ; il s'agit notamment des juridictions, des parquets et de certaines autres autorités. Celui qui, lors d'un entretien d'embauche, fait usage de son droit tiré du § 53 Abs. 1 BZRG se trouve donc dans une autre situation que celui qui est interrogé par une autorité après une information expresse.

04

Quand l'inscription disparaît-elle ?

Ici aussi, deux délais courent parallèlement, et ils ne sont pas de la même longueur.

Le premier délai concerne le Führungszeugnis. Selon le § 34 Abs. 1 BZRG, le délai à l'expiration duquel une condamnation n'est plus reprise dans le Führungszeugnis est de trois ans dans les cas du numéro 1, de dix ans dans les cas du numéro 2 et de cinq ans dans les autres cas. Selon le § 34 Abs. 3 Satz 1 BZRG, ce délai est prolongé de la durée de la peine privative de liberté, du Strafarrest ou de la Jugendstrafe, mais uniquement dans les cas de l'alinéa 1 numéro 1 lettre d, numéros 2 et 3. Pour les autres cas de l'alinéa 1, par exemple la peine d'amende, cette prolongation ne s'applique pas.

Le second délai concerne l'effacement dans le registre lui-même. Il est réglé au § 46 BZRG. Selon le § 46 Abs. 1 Nr. 1 Buchstabe a BZRG, le délai d'effacement est de cinq ans pour les condamnations à une peine d'amende ne dépassant pas 90 Tagessätze, lorsqu'aucune peine privative de liberté, aucun Strafarrest et aucune Jugendstrafe ne sont inscrits au registre. Pour les autres cas du § 46 Abs. 1 BZRG, la loi prévoit des délais plus longs : 10, 15 ou 20 ans, selon le groupe de cas. Les inscriptions relatives à des condamnations sont effacées à l'expiration du délai (§ 45 Abs. 1 BZRG). Le § 45 Abs. 2 BZRG a une importance pratique : une inscription à effacer est retirée du registre un an après la survenance de l'échéance de l'effacement, et pendant ce temps, seul l'intéressé peut recevoir un renseignement sur cette inscription.

Si l'inscription a été effacée ou si elle est à effacer, l'interdiction d'exploitation du § 51 Abs. 1 BZRG s'applique : les faits et la condamnation ne peuvent plus être opposés à l'intéressé dans les rapports juridiques ni exploités à son détriment. C'est ici la lettre du texte qui compte. La protection commence dès la survenance de l'échéance de l'effacement, et non seulement lorsque l'inscription est effectivement retirée du registre à l'issue de l'année. Les droits des tiers, les conséquences juridiques légales et les décisions déjà rendues n'en sont pas affectés (§ 51 Abs. 2 BZRG).

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Ce que change le Führungszeugnis étendu

Un Führungszeugnis étendu est délivré sur demande, selon le § 30a Abs. 1 BZRG, lorsqu'une disposition légale le prévoit en se référant à cette disposition ou lorsqu'il est nécessaire pour la surveillance, la prise en charge, l'éducation ou la formation de mineurs, ou pour une activité comparable impliquant un contact avec des mineurs. Un renseignement tiré du Führungszeugnis simple ne dit donc rien de ce qui figure dans un Führungszeugnis étendu.

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Et si la procédure a été classée ?

Un classement de la procédure n'est pas une condamnation. Le § 4 BZRG rattache l'inscription à une décision passée en force de chose jugée par laquelle une peine a été prononcée ou qui prononce l'une des autres conséquences qui y sont visées. Celui qui se demande si un classement contre le versement d'une somme change quelque chose à sa situation au registre trouvera les détails dans notre guide consacré au classement de la procédure selon le § 153a StPO.

Pour les mineurs et les jeunes adultes, des particularités s'appliquent. À côté du registre central, l'Office fédéral de la justice tient un Erziehungsregister (§ 1 Abs. 1 BZRG) ; pour sa tenue s'appliquent, selon le § 59 BZRG, les dispositions de la deuxième partie, dans la mesure où les §§ 60 bis 64 BZRG n'en disposent pas autrement. Ce qui y est inscrit est réglé par le § 60 BZRG, en particulier les mesures ordonnées en vertu de la loi sur les juridictions pour mineurs. Pour les condamnations à une Jugendstrafe, le § 97 Abs. 1 JGG prévoit la possibilité que le juge des mineurs déclare la flétrissure pénale supprimée lorsqu'il a acquis la conviction que la personne condamnée s'est montrée, par une conduite irréprochable, un être intègre.

Questions fréquentes

Une peine d'amende est-elle un antécédent judiciaire ?

Oui. Une condamnation à une peine d'amende passée en force de chose jugée est inscrite au Bundeszentralregister selon le § 4 BZRG. Le fait qu'elle n'apparaisse pas au Führungszeugnis dans les conditions du § 32 Abs. 2 Nr. 5 BZRG n'y change rien. La formule « pas au Führungszeugnis » ne signifie pas « pas au registre ».

Le Führungszeugnis est délivré, selon le § 30 Abs. 1 BZRG, à la personne concernée sur sa demande. Lorsque le Führungszeugnis est demandé en vue d'être produit devant une autorité, il doit être transmis directement à cette autorité selon le § 30 Abs. 5 BZRG ; il ne s'agit pas d'un pouvoir d'appréciation. S'il contient des inscriptions, la personne qui en fait la demande peut toutefois exiger qu'il soit d'abord adressé à un tribunal cantonal qu'elle désigne, pour qu'elle puisse en prendre connaissance elle-même. Si elle s'oppose ensuite à la transmission, le tribunal détruit l'extrait.

Le nombre de Tagessätze et le montant d'un Tagessatz sont deux grandeurs distinctes (§ 40 Abs. 1 und Abs. 2 StGB). Pour la question du Führungszeugnis, seul compte, selon le § 32 Abs. 2 Nr. 5 BZRG, le nombre de Tagessätze. Un Tagessatz élevé n'a donc pas pour effet que la condamnation apparaisse au Führungszeugnis ; un nombre plus élevé de Tagessätze, en revanche, oui.

Deux délais sont à distinguer. Le délai de reprise dans le Führungszeugnis est réglé par le § 34 BZRG, le délai d'effacement au registre par le § 46 BZRG. Le délai d'effacement est le plus long. L'interdiction d'exploitation du § 51 Abs. 1 BZRG s'applique dès que l'inscription est effacée ou à effacer, donc dès la survenance de l'échéance de l'effacement. Le délai applicable dans un cas particulier dépend de la nature et du quantum de la peine ainsi que d'autres inscriptions.

Ces indications donnent des informations générales sur la procédure pénale et ne remplacent pas un conseil dans un cas particulier. Elles reflètent l'état des textes légaux vérifiés au 10 août 2026.

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Pour aller plus loin

Le rôle que joue le registre dans une procédure en cours, et la manière dont une défense peut œuvrer à ce qu'une condamnation n'intervienne pas, sont décrits sur notre page consacrée au droit pénal général.

Les conséquences d'une condamnation en droit des étrangers ne font pas l'objet de ce texte. Elles relèvent d'autres dispositions et appellent un conseil distinct.

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Dispositions citées

Les dispositions citées dans cet article, avec le texte officiel allemand en référence.