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Aussage gegen Aussage : ce qui compte quand deux déclarations s'opposent

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Rechtsanwältin Virginia Elisabeth von Burgsdorff
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Aussage gegen Aussage, parole contre parole, signifie : les déclarations d'une seule personne s'opposent à celles de la personne mise en cause, et il n'existe pas d'autres moyens de preuve, ou seulement à la marge. La loi ne contient aucune règle particulière pour cette situation. Le § 261 StPO reste applicable : le tribunal décide du résultat de l'administration des preuves selon sa libre conviction, puisée dans l'ensemble des débats. Il n'existe donc aucune hiérarchie selon laquelle une déclaration vaudrait d'emblée plus qu'une autre, et il n'existe aucune règle selon laquelle deux déclarations s'annuleraient mutuellement.

Ce texte décrit ce que le tribunal examine et quels droits existent dans la procédure. Il ne dit à personne ce qu'il doit déclarer.

01

Ce que la configuration Aussage gegen Aussage signifie en pratique

Cette situation probatoire se rencontre dans de nombreuses procédures, pas seulement pour les infractions sexuelles. Elle est tout aussi typique en cas de coups et blessures après une dispute sans témoins, en cas d'injure, de menace ou de reproches issus du cadre domestique.

Ces affaires ont en commun que le tribunal doit former sa conviction pour l'essentiel à partir de ce qui est dit à l'audience de jugement. Les circonstances périphériques prennent d'autant plus de poids : le déroulement dans le temps, les déclarations antérieures faites à la police, les fils de messages, les documents médicaux.

02

Comment le tribunal apprécie les preuves

Deux dispositions fixent le cadre.

§ 261 StPO contient le principe de la libre appréciation des preuves par le juge. Le tribunal n'est lié par aucune règle de preuve. Il doit former sa conviction à partir de l'ensemble des débats et motiver cette conviction dans le jugement.

§ 244 Abs. 2 StPO oblige le tribunal à l'élucidation : il doit, pour la recherche de la vérité, étendre d'office l'administration des preuves à tous les faits et moyens de preuve qui ont de l'importance pour la décision. Cette obligation existe indépendamment du point de savoir si quelqu'un présente une demande de preuve. Dans une configuration Aussage gegen Aussage, elle est le levier par lequel la défense et la partie jointe à l'accusation peuvent œuvrer à ce que la genèse d'une déclaration soit intégralement élucidée.

La jurisprudence de la Cour fédérale de justice pose, dans cette situation, des exigences particulières quant à l'appréciation des preuves et aux motifs du jugement (de manière fondamentale BGH, arrêt du 29 juillet 1998, 1 StR 94/98, BGHSt 44, 153). Il est notamment exigé que le jugement laisse apparaître que le tribunal a pris en considération toutes les circonstances susceptibles de jouer pour et contre la personne mise en cause, et qu'il motive les raisons pour lesquelles il suit l'une des deux versions. Selon cette jurisprudence, cela suppose un examen soigneux du contenu de la déclaration, de sa genèse et des motifs possibles de la déclaration, ainsi qu'une vérification de la constance des indications au fil du temps.

03

Pourquoi l'audition à l'audience de jugement compte

Lorsque la preuve d'un fait repose sur la perception d'une personne, celle-ci doit, selon le § 250 Satz 1 StPO, être entendue à l'audience de jugement. Selon la phrase 2, l'audition ne peut pas être remplacée par la lecture d'un procès-verbal relatif à une audition antérieure ou d'une déclaration.

Le tribunal doit entendre la personne elle-même, pouvoir lui poser des questions et se faire une impression directe. Un procès-verbal de police ne remplace pas cela.

Le § 255a StPO règle une exception. Selon l'alinéa 1, les dispositions relatives à la lecture des procès-verbaux d'audition s'appliquent de manière correspondante à la projection de l'enregistrement audiovisuel d'une audition de témoin. L'alinéa 2 permet, à des conditions étroites, que pour certaines infractions l'audition d'un témoin âgé de moins de 18 ans soit remplacée par la projection de l'enregistrement d'une audition judiciaire antérieure. La loi pose pour cela deux conditions cumulatives. Premièrement, la personne mise en cause et son défenseur doivent avoir eu l'occasion de participer à l'audition antérieure ; c'est précisément pour cette raison qu'il importe de savoir si une défense était déjà associée à ce stade précoce. Deuxièmement, le témoin ne doit pas s'être opposé, immédiatement après l'audition enregistrée, à ce que la projection remplace l'audition. Cette opposition est liée au moment qui suit immédiatement l'audition ; celui qui la formule plus tard ne la formule plus au sens de la disposition.

04

Quand une expertise de crédibilité entre-t-elle en ligne de compte ?

Un Glaubhaftigkeitsgutachten (expertise portant sur la crédibilité d'une déclaration) est une preuve par expert. Le point de savoir s'il est ordonné relève de l'obligation d'élucidation du § 244 Abs. 2 StPO et du § 244 Abs. 4 StPO. Selon cette disposition, une demande de preuve tendant à l'audition d'un expert peut également, sauf disposition contraire, être rejetée lorsque le tribunal possède lui-même les connaissances techniques requises.

C'est le point décisif : les tribunaux partent en règle générale du principe que l'appréciation d'une déclaration fait partie de leurs propres tâches. Une expertise entre en ligne de compte lorsque le cas particulier présente des particularités qui dépassent l'appréciation ordinaire. Il n'existe pas de droit à en obtenir une.

05

Quels droits ont les témoins

Celui ou celle qui est cité comme témoin a des droits sur lesquels il doit être informé.

§ 52 StPO donne aux proches un droit de refuser de témoigner. En font partie, selon l'alinéa 1, notamment la personne fiancée, les époux et les partenaires enregistrés, y compris après la dissolution du mariage ou du partenariat, ainsi que les personnes parentes ou alliées en ligne directe, ou qui l'ont été, ou parentes en ligne collatérale jusqu'au troisième degré ou alliées jusqu'au deuxième degré, ou qui l'ont été. Selon le § 52 Abs. 3 StPO, les personnes titulaires de ce droit doivent en être informées avant chaque audition.

§ 55 StPO donne à tout témoin un droit de refuser de répondre : il peut refuser de répondre aux questions dont la réponse l'exposerait, lui-même ou l'un des proches désignés au § 52 Abs. 1 StPO, au risque d'être poursuivi pour une infraction pénale ou une contravention. Il doit également en être informé (§ 55 Abs. 2 StPO).

§ 68a StPO limite le droit de poser des questions. Les questions portant sur des faits susceptibles de porter atteinte à l'honneur ou touchant à la sphère personnelle ne doivent, selon l'alinéa 1, être posées que lorsque cela est indispensable. Les questions portant sur des circonstances qui concernent la crédibilité dans l'affaire en cause, en particulier sur les relations avec la personne mise en cause ou avec la personne lésée, doivent, selon l'alinéa 2, être posées dans la mesure où cela est nécessaire.

§ 68b StPO règle l'assistance du témoin. Selon l'alinéa 1, les témoins peuvent se faire assister d'un avocat, auquel la présence est permise. Selon l'alinéa 2, un tel avocat doit être commis, pour la durée de l'audition, au témoin qui n'en a pas et dont les intérêts dignes de protection ne peuvent pas être pris en compte d'une autre manière, lorsque des circonstances particulières existent.

06

Ce que signifient de fausses indications

Deux dispositions méritent d'être mentionnées par souci d'exhaustivité, sans qu'il en résulte un soupçon à l'encontre de qui que ce soit.

§ 153 StGB réprime la fausse déclaration non assermentée. Celui qui, devant un tribunal ou devant un autre organe compétent pour recevoir sous serment des témoins ou des experts, fait comme témoin ou comme expert une fausse déclaration non assermentée est puni d'une peine privative de liberté de trois mois à cinq ans.

§ 164 StGB réprime la fausse accusation. Selon l'alinéa 1, est puni d'une peine privative de liberté allant jusqu'à cinq ans ou d'une peine d'amende celui qui, auprès d'une autorité ou publiquement, soupçonne autrui contre sa propre conviction d'un acte illicite, dans l'intention de provoquer une procédure administrative ou judiciaire contre lui ou de la faire perdurer. L'alinéa 2 vise les autres affirmations de nature factuelle formulées contre sa propre conviction avec la même finalité.

Les deux dispositions supposent que l'inexactitude est établie, le § 164 StGB supposant en outre qu'elle a été formulée contre sa propre conviction. Une déclaration qui ne se confirme pas dans la procédure n'est donc pas encore une infraction pénale.

07

Aussage gegen Aussage pour les reproches relevant du § 177 StGB

Pour les reproches d'atteinte sexuelle, de contrainte sexuelle et de viol, cette situation probatoire est fréquente, parce que de tels faits se produisent typiquement sans témoins. Le § 177 Abs. 1 StGB réprime les actes sexuels accomplis contre la volonté reconnaissable d'une autre personne et prévoit à cet effet une peine privative de liberté de six mois à cinq ans. L'alinéa 2 vise d'autres groupes de cas. Dans les cas particulièrement graves, une peine privative de liberté non inférieure à deux ans doit être prononcée selon le § 177 Abs. 6 StGB ; la disposition y cite notamment l'accomplissement de l'acte sexuel et la commission par plusieurs personnes.

Les règles de preuve n'en sont pas modifiées. Le § 261 StPO et l'obligation d'élucidation du § 244 Abs. 2 StPO restent applicables.

Questions fréquentes

Une seule déclaration suffit-elle à une condamnation ?

La loi ne connaît pas de règle de preuve qui l'exclurait. Le tribunal décide selon le § 261 StPO d'après sa libre conviction. Mais elle ne connaît pas non plus de règle selon laquelle une déclaration suffirait sans plus. Ce qui est déterminant, c'est l'appréciation d'ensemble dans le cas particulier.

Le § 52 Abs. 1 StPO donne à un cercle défini de proches le droit de refuser de témoigner. Selon le § 52 Abs. 3 StPO, ce droit doit être rappelé avant chaque audition. La question de savoir s'il est exercé et de quelle manière est une décision qui peut être accompagnée par un avocat ; le § 68b StPO prévoit à cet effet l'assistance du témoin.

Une demande de preuve est possible. Selon le § 244 Abs. 4 StPO, elle peut être rejetée lorsque le tribunal possède lui-même les connaissances techniques requises. Le point de savoir si le cas particulier présente des particularités qui appellent une expertise ne peut être apprécié qu'après l'Akteneinsicht (consultation du dossier).

Selon le § 250 StPO, la personne doit être entendue personnellement à l'audience de jugement ; l'audition ne peut pas être remplacée par la lecture d'un procès-verbal. Les indications antérieures peuvent toutefois jouer un rôle dans le cadre de l'audition, par exemple lorsqu'il s'agit de divergences. Le § 255a StPO règle séparément les cas dans lesquels une audition enregistrée peut être projetée.

Ces indications donnent des informations générales sur la procédure pénale et ne remplacent pas un conseil dans un cas particulier. Elles reflètent l'état des textes légaux vérifiés au 10 août 2026.

08

Pour aller plus loin

La manière dont une défense travaille dans les procédures présentant cette situation probatoire est décrite sur notre page consacrée aux infractions sexuelles. Pour les reproches relevant d'autres domaines, par exemple des coups et blessures ou une injure, la page consacrée au droit pénal général est le bon point d'entrée.

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