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Enquête

Mon enfant a fait l'objet d'une plainte : comment se déroule la procédure

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Rechtsanwältin Virginia Elisabeth von Burgsdorff
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Enquête
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Si votre enfant fait l'objet d'une plainte en tant que mineur, la Staatsanwaltschaft, l'autorité qui dirige l'enquête, conduit une procédure d'enquête selon le Jugendgerichtsgesetz, la loi allemande sur les juridictions pour mineurs. La Jugendstrafe, la peine privative de liberté propre au droit des mineurs, y constitue le dernier degré et est soumise à des conditions étroites ; les Erziehungsmaßregeln, les mesures éducatives, et les Zuchtmittel, les moyens de correction, ont la priorité, et la loi prévoit expressément des voies permettant de mettre fin à une procédure sans jugement (§ 5, § 17 Abs. 2, § 45 JGG). Le plus important dans les premiers jours n'est donc pas de limiter les dégâts en parlant, mais l'inverse : votre enfant n'est pas tenu de s'exprimer sur le fond, et vous pouvez, en qualité de titulaire de l'autorité éducative, choisir un avocat de la défense (§ 136 Abs. 1 Satz 2 StPO, § 67 JGG).

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À partir de quel âge mon enfant est-il punissable ?

Qui n'a pas encore 14 ans au moment des faits est incapable de culpabilité (§ 19 StGB). Aucune procédure pénale n'a lieu contre les enfants de moins de 14 ans. Les mesures du service de l'aide à la jeunesse ou du tribunal de la famille et les prétentions civiles de la personne lésée n'en sont pas affectées.

Est mineur celui qui, au moment des faits, a 14 ans mais pas encore 18 ans ; est Heranwachsender, jeune adulte, celui qui a 18 ans mais pas encore 21 ans (§ 1 Abs. 2 JGG). Ce qui compte est le moment des faits, non le jour de l'audience.

S'y ajoute un examen qui n'existe pas dans le droit pénal des adultes : un mineur n'est pénalement responsable que si, au moment des faits, il était, selon son développement moral et intellectuel, assez mûr pour comprendre le caractère illicite de l'acte et pour agir selon cette compréhension (§ 3 JGG). Cette maturité n'est pas présumée, elle est constatée.

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Que se passe-t-il pendant l'enquête ?

Les investigations ne portent pas seulement sur les faits. Selon le § 43 Abs. 1 JGG, doivent aussi être établis dès que possible les conditions de vie et de famille, le parcours et le comportement antérieur de la personne mise en cause. Les titulaires de l'autorité éducative et les représentants légaux doivent être entendus, de même que l'école ou l'entreprise de formation ; cette audition n'a pas lieu lorsque le mineur aurait à en craindre des désavantages non souhaités, notamment la perte de sa place de formation ou de son emploi. La loi est ici rédigée comme une disposition indicative, non comme une obligation rigide.

Vous avez, comme titulaire de l'autorité éducative, des droits propres. Le § 67 JGG vous confère les mêmes prérogatives d'être entendu, de poser des questions et de présenter des demandes que celles qui reviennent à la personne mise en cause, ainsi que le droit de choisir un avocat de la défense et d'exercer des voies de recours.

Un point facile à négliger : il n'existe aucune obligation de s'exprimer sur le fond, et cela vaut pour les mineurs comme pour les adultes. Selon le § 136 Abs. 1 Satz 2 StPO, la personne mise en cause doit être informée qu'elle est libre de s'exprimer sur l'accusation ou de ne pas déposer sur le fond, et qu'elle peut à tout moment, y compris avant l'interrogatoire, consulter un avocat de la défense. Le conseil selon lequel l'enfant devrait simplement tout raconter pour que ce soit plus vite terminé n'est pas un bon conseil.

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Que fait la Jugendgerichtshilfe, et est-elle de notre côté ?

La Jugendgerichtshilfe, l'assistance judiciaire à la jeunesse, est exercée par les services de l'aide à la jeunesse en coopération avec les associations d'aide à la jeunesse (§ 38 Abs. 1 JGG). Elle apporte dans la procédure les aspects éducatifs, sociaux et d'assistance, examine la personnalité, le développement ainsi que la situation familiale, sociale et économique du mineur et en fait rapport au tribunal ; une représentante ou un représentant participe à l'audience de jugement.

Il en résulte une précision importante : la Jugendgerichtshilfe n'est pas la défense de votre enfant. Son rapport peut influer considérablement sur la procédure ; l'entretien avec elle n'est pas un rendez-vous accessoire.

Un avocat de la défense doit impérativement être désigné dans certaines situations. Le § 68 JGG les énumère, dont le cas où le prononcé d'une Jugendstrafe ou la suspension de son prononcé est à prévoir, ainsi que le cas où la défense serait également obligatoire pour un adulte.

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Quelles conséquences le Jugendstrafrecht prévoit-il ?

Le Jugendstrafrecht, le droit pénal des mineurs, raisonne par degrés. À l'occasion de l'infraction, des Erziehungsmaßregeln peuvent être ordonnées ; la sanction prend la forme de Zuchtmittel ou d'une Jugendstrafe lorsque les Erziehungsmaßregeln ne suffisent pas (§ 5 JGG). Le but est avant tout de prévenir de nouvelles infractions (§ 2 Abs. 1 JGG).

Les Erziehungsmaßregeln sont des directives et l'injonction de recourir à une aide à l'éducation (§ 9 JGG). Les directives sont des obligations et des interdictions qui règlent le mode de vie ; la loi mentionne notamment des prescriptions sur le lieu de séjour, l'acceptation d'une place de formation ou d'un emploi, des prestations de travail, un accompagnant socio-éducatif, un cours d'entraînement social, la conciliation avec la personne lésée et une interdiction de contact (§ 10 Abs. 1 JGG).

Les Zuchtmittel entrent en ligne de compte lorsqu'une Jugendstrafe ne s'impose pas mais qu'il faut faire prendre conscience au mineur, de manière insistante, qu'il doit répondre de l'illicite commis (§ 13 Abs. 1 JGG). Il s'agit de l'avertissement, des Auflagen, les charges, et du Jugendarrest, l'arrêt pour mineurs (§ 13 Abs. 2 JGG). Les charges sont par exemple la réparation du dommage, des excuses présentées à la personne lésée, des prestations de travail ou un versement à une institution d'intérêt général (§ 15 Abs. 1 JGG). Le Jugendarrest est prononcé comme arrêt de loisirs, arrêt court ou arrêt continu ; l'arrêt continu est d'une semaine au minimum et de quatre semaines au maximum (§ 16 JGG). Les Zuchtmittel n'ont pas les effets juridiques d'une peine (§ 13 Abs. 3 JGG).

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Quand une Jugendstrafe est-elle prononcée, et quelle est sa durée ?

La Jugendstrafe est une privation de liberté dans un établissement prévu pour son exécution (§ 17 Abs. 1 JGG). Elle n'est prononcée que lorsque, en raison de penchants nuisibles apparus dans l'acte, les Erziehungsmaßregeln ou les Zuchtmittel ne suffisent pas à l'éducation, ou lorsque la gravité de la culpabilité rend une peine nécessaire (§ 17 Abs. 2 JGG).

La durée minimale est de six mois, la durée maximale de cinq ans ; en cas de Verbrechen, la catégorie la plus grave des infractions, pour lequel le droit pénal général prévoit une peine maximale de plus de dix ans, elle est de dix ans. Les cadres de peine du droit pénal général ne s'appliquent pas (§ 18 Abs. 1 JGG).

Le tribunal assortit du sursis une Jugendstrafe n'excédant pas un an lorsqu'il est à prévoir que le mineur tirera déjà de la condamnation elle-même un avertissement et mènera à l'avenir une vie honnête même sans l'influence de l'exécution de la peine (§ 21 Abs. 1 JGG). Pour une Jugendstrafe plus élevée n'excédant pas deux ans, il l'assortit également du sursis aux mêmes conditions, sauf si l'exécution s'impose au regard du développement du mineur (§ 21 Abs. 2 JGG). Cette contre-exception figure telle quelle dans la loi ; c'est d'elle que dépend l'affaire. Si, après épuisement des possibilités d'investigation, il ne peut être apprécié avec certitude si des penchants nuisibles existent dans la mesure requise, le juge peut constater la culpabilité et suspendre la décision sur le prononcé de la Jugendstrafe pendant un temps d'épreuve (§ 27 JGG).

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La procédure peut-elle se terminer sans jugement ?

Oui. La loi prévoit pour cela plusieurs voies. Le procureur peut renoncer à la poursuite sans l'accord du juge lorsque les conditions du § 153 StPO sont réunies (§ 45 Abs. 1 JGG). Il y renonce lorsqu'une mesure éducative a déjà été mise en œuvre ou engagée et que ni une intervention du juge ni une mise en accusation ne paraissent nécessaires ; en relèvent les efforts en vue d'une conciliation avec la personne lésée (§ 45 Abs. 2 JGG). Il peut suggérer au Jugendrichter, le juge compétent pour les mineurs, une admonestation, des directives ou des charges lorsque la personne mise en cause est passée aux aveux (§ 45 Abs. 3 JGG). Après la mise en accusation, le juge peut classer la procédure avec l'accord du procureur (§ 47 Abs. 1 und 2 JGG). En Allemagne, ces voies sont couramment désignées par le terme de Diversion ; le mot ne figure pas dans la loi. Il n'existe aucun droit à en bénéficier.

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Le Jugendstrafrecht vaut-il aussi pour les 18 à 20 ans ?

Pas automatiquement. Pour les Heranwachsende, le juge applique le Jugendstrafrecht lorsque l'appréciation d'ensemble de la personnalité fait apparaître que l'auteur était, au moment des faits, encore assimilable à un mineur, ou lorsqu'il s'agit d'un écart de conduite typique de la jeunesse (§ 105 Abs. 1 JGG). C'est une décision d'espèce, non une règle. La durée maximale de la Jugendstrafe pour les Heranwachsende est de dix ans ; en cas d'assassinat, elle peut atteindre 15 ans lorsque la gravité particulière de la culpabilité l'exige (§ 105 Abs. 3 JGG).

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Quel tribunal décide, et l'audience est-elle publique ?

Les écarts de conduite des mineurs relèvent des juridictions pour mineurs : le Jugendrichter, le Jugendschöffengericht, la formation comprenant des juges non professionnels, et la Jugendkammer, la chambre pour mineurs (§ 33 Abs. 1 und 2 JGG). Le Jugendrichter ne peut pas prononcer une Jugendstrafe de plus d'un an (§ 39 Abs. 2 JGG). L'audience n'est pas publique (§ 48 Abs. 1 JGG) ; si des Heranwachsende ou des adultes sont également mis en accusation, elle est publique (§ 48 Abs. 3 JGG).

Questions fréquentes

Mon enfant n'a que 13 ans. Doit-il se rendre à la police ?

Qui n'avait pas encore 14 ans au moment des faits est incapable de culpabilité (§ 19 StGB) ; aucune procédure pénale n'a lieu. Si une autorité se manifeste malgré tout, clarifiez d'abord à quel titre elle le fait. Le service de l'aide à la jeunesse et le tribunal de la famille travaillent selon d'autres règles que la poursuite pénale.

Non. Il n'est pas tenu de s'exprimer sur le fond et peut à tout moment consulter un avocat de la défense, y compris avant l'interrogatoire (§ 136 Abs. 1 Satz 2 StPO). Les indications relatives à l'identité sont à distinguer de cela. C'est vous, en qualité de titulaire de l'autorité éducative, qui pouvez choisir l'avocat (§ 67 JGG).

Dans les cas du § 68 JGG, la défense est obligatoire, notamment lorsque le prononcé d'une Jugendstrafe ou la suspension de son prononcé est à prévoir. Le point de savoir si votre cas en relève devrait être clarifié tôt, et non seulement au moment de l'audience de jugement.

Cela se règle d'après le § 32 BZRG, le Bundeszentralregistergesetz, la loi sur le registre fédéral central, non d'après le Jugendgerichtsgesetz. Une constatation de culpabilité selon le § 27 JGG n'est pas inscrite au Führungszeugnis, ainsi que le prévoit le § 32 Abs. 2 Nr. 2 BZRG ; pour les Jugendstrafen, le § 32 Abs. 2 Nr. 3 und 4 BZRG prévoit des exceptions propres, chacune assortie de ses propres conditions. Les classements selon les §§ 45, 47 JGG ne sont de toute façon pas des condamnations. Pour le reste, faites examiner la question séparément, en particulier lorsqu'une formation ou une naturalisation est en jeu.

Ces informations sont de nature générale et ne remplacent pas un conseil juridique adapté à votre situation. Elles reflètent l'état des textes de loi vérifiés au 10 août 2026.

Vous lirez comment nous accompagnons les mineurs, les Heranwachsende et leurs parents dans la procédure sur notre page consacrée au droit pénal des mineurs.

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Dispositions citées

Les dispositions citées dans cet article, avec le texte officiel allemand en référence.